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Illustration: Tina Urmankovic (20est)

Berceuse d’Ile

S’il y a bien une expérience qui s’est pour moi avérée douloureuse, c’est l’amour. Mais lequel? Si j’y réfléchis bien, c’est l’amour de manière générale, l’amour de soi et l’amour de l’autre qui intéragissent comme des vases communicants. A l’image du Pantin, j’ai souvent cherché l’amour chez l’autre, dans sa manière de me regarder et de me dire l’amour. De cette façon, j’ai toujours pu éviter de me donner moi-même cet amour car il nécessitait de m’accepter sans détours.

L’amour de l’autre, c’est toujours compliqué quand on n’est pas en accord avec soi. Quand on place l’autre sur un piédestal, qu’on lui donne la priorité sur notre propre voix intérieure, la rupture amoureuse nous renvoie le message suivant: tu ne mérites pas d’être aimé. C’est dans cette situation que je me trouvais lors de l’écriture de cette chanson. J’étais dans une spirale négative, cherchant chez l’autre ce que je devais trouver en moi.

Inévitablement, cette chanson revient sur toutes les émotions d’une rupture : l’espoir, la colère, l’amour, la tristesse, l’incompréhension, le désarroi, la résignation. Pour moi, une chanson dite « d’amour », je crois que c’est une chanson qui brasse toutes nos émotions.

Et toi, cherches-tu quelque chose dans l’amour de l’autre?

Anecdote: « Berceuse d’Ile », ce n’est pas une berceuse des îles, mais une berceuse pour Ile, le diminutif d’un prénom.